Rencontre avec les apiculteurs conservateurs de l’abeille noire irlandaise, à Dublin, à Galway et dans le Connemara dont voici une image.

Au Printemps 2023, sur l’invitation de Lynn Fitzpatrick, apicultrice de Dublin rencontrée à Paris à l’ambassade d’Irlande l’année passée, je me suis rendu en ferry sur l’île d’émeraude.
Lynn est activement impliquée dans la Société de l’abeille Irlandaise native (Native Irish Honey Bee Society – NIHBS) qui porte haut l’objectif de bannir les importations d’abeilles sur toute l’Irlande (Nord et Sud).
La première rencontre que Lynn a organisé s’est déroulée à peu de distance du centre de Dublin, avec Keith Pierce, pompier et éleveur sélectionneur de l’abeille noire irlandaise. Nous rencontrons dans un pub, lieu de vie sociale et de restauration de qualité bon marché.

Keith produit des abeilles noires douces, il opère une sélection forte sur son cheptel en « notant » le comportement des abeilles selon certains critères comme le bon hivernage, la résistance aux maladies, la couleur, la productivité et plus. Pour évaluer la douceur : ouverture sans fumée, pas d’abeille qui agresse -> 1, 1 abeille -> 2, etc. Si la note dépasse 3, la reine de la colonie est changée.

Voyez la photo d’un cadre de couvain, à la fin du moi de Mars!
Son rucher d’élevage est en zone urbaine, une bulle de verdure ceint des anciens corps de ferme, proches du parc Phoenix.


Le voyage continue en allant à la rencontre de Loretta Neary, à l’époque secrétaire, et maintenant présidente du NIHBS. Femme apicultrice, dans le centre de l’Irlande, elle me donne un miel de lierre que ses abeilles ont produit, la spécialité. Rapide déjeuner avec Loretta, pour comprendre son exceptionnelle implication pour sauver les abeilles noires d’Irlande. Que l’on appelle l’île d’émeraude à cause de ses verts pâturages, là où viennent les chevaux des nobles d’Angleterre, se refaire une santé l’hiver.
Puis nous arrivons sur la côte Ouest, dans le Connemara, rencontrer un autre éleveur d’abeilles noires, Sean Osbourne.

Cet homme nous reçoit dans sa maison puis nous emmène sur la station de fécondation. Sean n’a jamais tué de reine, sa méthode nous parait douce, sûre. Il pratique l’élevage sur ses souches pures d’abeilles noires irlandaise. Pas de trace d’introgression avec d’autres lignées ici. Mais le climat est rude.

Nous finissons notre visite en déjeunant avec Grace McCormack, cheffe d’une équipe ultra motivée pour l’abeille noire, au sein de l’université de Galway. Le travail abattu est immense, des dizaines de projets de recherche, avec des scientifiques de l’Europe entière. Quelques uns de ces derniers concernent les colonies qui vivent à l’état sauvage, et leur importance pour la diversité génétique et les facultés d’adaptation de l’abeille noire.
L’irlande est un pays à la pointe en matière de conservation. Les éleveurs diffusent de l’abeille noire et peuvent satisfaire à la demande des apiculteurs. Le gouvernement semble s’accorder pour protéger ce travail et ces savoir-faire. Un bel exemple pour l’Europe.

